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Quand vous entrez dans une zone sombre de votre vie

pourquoi ne pas garder l'insouciance d'enfants joueurs

qui trouvent naturel de passer du jour à l'obscurité

acceptant ainsi la dualité du monde ?

car ainsi, sans nul doute et sans même s'en soucier

la lumière bientôt reviendra ....



Archives, mensuelles: MAI 2012


8 Mai 2012

CHOISIR SA VIE, CREER SA REALITE, EST-CE POSSIBLE ?

publié par Paul degryse le 8 Mai 2012 à 00H05- vu 641 fois - Print


Le problème de la liberté selon le chamanisme toltèque

Chaque être vivant est relié physiquement, psychiquement et affectivement à tout ce qui l’environne par d’innombrables connexions énergétiques qui s’échelonnent du niveau le plus matériel au niveau le plus subtil. Nous sommes nés de la terre et du soleil, la lune rythme les marées de nos océans et conditionne la vie des milliards d’animaux qui peuplent la terre donc la nôtre. La terre elle-même nous fournit l’eau, l’air et la nourriture sans lesquels nous ne serions pas là.

Plus loin encore, les milliards de galaxies d’étoiles de l’univers lointain nous envoient des fréquences d’énergie dont nous ne soupçonnons même pas encore toute l’importance et qui règlent certainement nombre de nos équilibres intérieurs. Tous ces liens et bien d’autres encore, d’ordre émotionnel, mental, corporel, génétique et social nous conditionnent profondément et parfois d’une façon négative que nous ressentons comme une lourde dépendance.

A ces conditionnements de nature extérieure s’ajoutent encore de nombreuses dépendances que nous nous créons nous-mêmes en nous attachant à diverses routines mentales, émotionnelles, comportementales , alimentaires , etc… qui se révèlent peut-être les plus douloureuses car, une fois devenues conscientes, elles installent en nous un conflit permanent entre mémoire et volonté de libération. Finalement, l’expérience de la vie, que nous arrivons, avec le temps, à observer comme un grand spectacle où nous avons le premier rôle, et à condition de se donner la peine d’une réflexion sur le sens de notre présence dans ce gigantesque événement, nous montre à quel point nous sommes peu libres. Si le bonheur est le sujet de cette réflexion, une question surgit alors :

« peut-on être vraiment heureux, enserré par un tel réseau de liens et de conditionnements ?
Est-il possible de se sentir plus libre ? ».

Une certaine sagesse nous répond alors : « accepte-les… accepte-les tous sans réserve… et tu seras heureux.. ». Mais quelque part ailleurs, cette même sagesse nous dit : « ne renonce pas … cherche…et tu trouveras … ». Mais où est donc la différence entre acceptation et renoncement ? Elle est dans le sourire de la première, nous répond un autre sage. Mais le but de tout progrès personnel n’est-il pas la liberté ? Et si ce qui nous pousse à évoluer est précisément ce qui ne nous plaît pas dans notre vie alors l’acceptation des liens de dépendance nous prive de notre principale motivation de changer. Cette invitation à l’acceptation, au lâcher-prise, est d’ailleurs issue d’un même courant spirituel qui comporte un laborieux travail sur soi. N’y-a-t-il pas contradiction entre la mobilisation d’une volonté, même sereine, qu’implique ce long combat contre la mémoire qu’est le travail sur soi et l’acceptation pleine et entière de rester englué dans la toile d’araignée multidimensionnelle de toutes les énergies auxquelles nous appartenons et que nous faisons fonctionner en leur donnant la nôtre ? Paradoxe ou vraie contradiction? Si acceptation il doit y avoir ce ne peut être que pour éviter le rejet du « soi » que l’on était, sous prétexte que l’on aspire à un « soi »que l’on va devenir… La transformation personnelle est le travail certainement le plus délicat que l’homme ait à accomplir sur terre et comme dit l’un de mes amis chamanes russes : « quand tu montes un escalier, ne méprise pas la marche précédente car sans son appui tu ne pourrais pas t’élever vers la suivante ». Il est donc nécessaire d’être précis concernant cette acceptation pour qu’elle ne cache pas une trouble association entre idée fausse de l’humilité, vision transcendante du divin et rejet de voir la nature guerrière de l’univers. C’est le point essentiel sur lequel les chamanes toltèques veulent être clairs.

L’humilité n’est, à leurs yeux, qu’un outil, certes sincère mais stratégique qu’ils appellent « humilité dynamique» et dont le but est de permettre une évolution sans fin de la connaissance en évitant de s’encombrer affectivement et mentalement avec le poids de leur savoir déjà acquis et d’éviter ainsi le danger de la suffisance. La vision transcendantale du divin n’est pas non plus leur option: ils ont choisi l’immanence selon laquelle le pouvoir créateur de l’univers est concrètement présent en chaque être vivant, rendant celui qui ose y croire, capable de toutes les transformations qu’il désire en accord avec les forces dualistes de la vie. Ils ne demandent donc rien à ce pouvoir suprême pour arriver jusqu‘à lui, sachant qu’il leur a déjà tout donné. Enfin, l’acceptation n’est pas à leurs yeux celle des innombrables dépendances qui paralysent l’être humain dès sa naissance mais celle du combat qu’ils ont à mener au-dedans d’eux-mêmes pour s’en libérer. Ainsi, les chamanes toltèques n’attendent pas la mort pour se libérer des liens de la vie terrestre et entrer dans le nirvâna, ils disent que durant cette même vie terrestre, l’homme peut choisir sa vie et créer sa réalité.


Que se passe-t-il chez les êtres humains pour que si peu d‘entre eux découvrent une telle possibilité et s’y engagent ?


Cela vient du fait que pratiquement tous considèrent le don de la vie comme allant de soi. Une fois nés, ils fonctionnent comme si « le plus gros était fait », comme si ce don de la vie allait de soi. Ils se laissent aller aux acquis , cette vie dans laquelle ils ont surgi et à laquelle ils rajoutent un peu d’éducation parentale, une bonne dose de programmation socialitaire et hop ils sautent dans le système, s’assoient dans le train fantôme d’une enfance infiniment prolongée pour « jouer à l’humanité et à tous ses fantasmes de grandeur et de progrès » et s’engagent dans le tunnel de la vie pour un voyage qui s’avère au bout du compte le plus souvent décevant voire sinistre quand se révèle l’évidence hélas tardive de n’avoir jamais été vraiment eux-mêmes.


Tout en étant bien plus ambitieux que l’homme ordinaire, les chamanes sont en quelque sorte bien plus modestes envers la vie. Ils ne la considèrent pas comme allant de soi mais seulement comme « une chance qui est donnée à l’homme ». De quelle chance veulent-ils donc parler ? Une chance d’en devenir les magiciens! Oui…! Seulement une chance ! Mais quelle chance ! Et comme il n’y a pas d’alternative à part le néant, il leur semble évident de la saisir pour en tirer le maximum. Pour éclairer cette idée, prenons la métaphore d’un train. Pour les chamanes, la vie est comme un train qui s’arrête dans une gare et dans laquelle l’homme monte pour naître.


La plupart des hommes montent donc dans ce train, font quelques pas dans le premier wagon et s’asseyent sur le premier siège libre venu. Et puis le train s’en va et ils restent assis là jusqu’à la fin du voyage, regardant le paysage de leur vie défiler passivement. Le train les emporte à grande vitesse, ça ne se passe pas toujours bien, il traverse des tempêtes, des arbres tombent sur la voie, il y a de nombreux chaos, des arrêts brusques, des inondations, des tremblements de terre. Le train s’arrête parfois en pleine campagne de longs moments, et le voyageur ne sait pas pourquoi, il n’y peut rien, parfois même il déraille, les voyageurs doivent descendre momentanément sur la voie, puis le train repart et le voyage peut même finir dans un marécage infesté de crocodiles. Que se passe-t-il donc ? En fait, ce train n’a pas de chauffeur, car la place du chauffeur était, en réalité, réservée au voyageur… mais celui-ci ne le savait pas, ne l’a pas compris, ne l’a pas imaginé …


Rares sont les voyageurs qui, lorsque passe le train de la vie, pressentent ou imaginent qu’ils auront à le conduire, qui y montent, s’asseyent peut-être un instant mais bientôt se lèvent et commencent à parcourir plusieurs wagons pour arriver à la locomotive et s’asseoir sur le siège qui les attend face au volant, décidant de la conduire eux-mêmes en choisissant avec soin les aiguillages qui leurs plaisent. Ces êtres audacieux, ce sont ceux qu’on appelle des initiés, des chamanes, des êtres de liberté. Ils ont décidé de choisir leur vie, de créer leur voyage eux-mêmes. Parfois aussi, le voyageur ne se lève pas tout de suite. Quelques chaos inquiétants du train, des passages trop fréquents dans des tunnels enfumés, des arrêts intempestifs et incompréhensibles, une sensation d’ennui et de passivité désagréable, une poussée de curiosité, voire un insupportable mal du rail le poussera à se lever et à s’engager vers la tête du train où il découvrira lui aussi la possibilité de la conduire lui-même.


Quittons cette jolie métaphore et voyons en quoi consiste ce changement radical d’attitude qui pousse un homme à chercher la liberté pour créer sa vie.


C’est un désir de changement quel qu’en soit la raison précise, qui va d’abord pousser ce voyageur à se lever et, pendant qu’il en parcourt les nombreux wagons, à changer sa conception du monde, l’idée qu’il se fait de lui-même et ses comportements. Il va apprendre à s’équilibrer dans ce véhicule quelque peu instable qui fonce à grande vitesse vers l’inconnu. Il devient peu à peu ce que les chamanes toltèques appellent un « guerrier de l’esprit », quelqu’un qui apprend comment diriger sa vie et créer lui-même sa réalité et qui, à cet effet, entrera en contact avec une partie de lui-même inconnue jusque là : son âme. Cette nouvelle conception du monde sera fondée sur les quelques idées fondamentale suivantes :


- la conscience humaine n’est pas ce que nous croyons généralement. L’homme est un hologramme, c’est à dire un modèle réduit mais complet du pouvoir suprême de l’univers. Il a donc le même pouvoir créateur que celui-ci mais il doit seulement s’en souvenir. Cette créativité se révèlera avec l’éveil de son âme, le siège de ce pouvoir. A l’image du pouvoir suprême, l’homme est donc un être dualiste, de matière et d’esprit et chacune de ces deux parties est aussi belle et utile que l’autre. La vie terrestre peut donc être une célébration dès que commence cet éveil à sa dualité.

- L’une des tâches essentielles du guerrier de l’esprit consiste à distinguer la part de conscience reliée à l’égrégore collectif de sa nature terrestre et la part de conscience divine de son âme pour nettoyer la première et la relier de façon féconde à la seconde.

- Si l’homme ordinaire aborde ses problèmes comme des calamités, le guerrier de l’esprit les envisage comme des opportunités. Ayant compris que la dualité du monde, partagé entre énergie positive et énergie négative, est naturelle, le guerrier de l’esprit l’utilise systématiquement et sereinement pour apprendre et progresser.

- La première tâche à laquelle tout être humain doit s’atteler le plus tôt possible dans sa vie, est l’unification de son esprit, de son corps et de son âme. Ce travail consiste en une série de centrages fondés sur l’équilibre dynamique de multiples valeurs et énergies intérieures constituant sa personnalité. Tout le reste, tous les besoins terrestres de survie constituant la deuxième tâche, se verront satisfaits avec une grande facilité dès lors qu’il accorde priorité à la première.

- Sur le plan quotidien, ces centrages passent par une mise en cohérence entre ce qu’il pense, ce qu’il croit, ce qu’il dit et ce qu’il fait.


Ainsi donc l’homme pourrait vraiment créer sa réalité à son gré, c’est-à-dire être libre? Mais cette liberté veut-elle dire qu’il pourrait s’affranchir de tous les liens de dépendance qu’il entretient avec les innombrables réseaux d’énergies qui constituent l’univers ? non ! cela est impossible car ces réseaux d’énergies étant l’essence même de tout ce qui est, cela reviendrait pour lui à ne pas exister ! En revanche, il peut choisir n’importe quelle alternative de son destin tout comme le voyageur qui a décidé d’aller s’asseoir sur le siège du conducteur du train et de diriger celui-ci, peut choisir l’aiguillage qu’il désire ! Mais où se trouvent chez l’être humain les commandes qui permettent de changer d’aiguillage ? dans son âme … . L’âme humaine est le poste de commande de cet univers de tous les possibles que les chamanes appellent le Nagual et c’est dans celui-ci que toutes les situations et expériences que l’homme est capable d’imaginer l’attendent. Ainsi, devenir libre c’est rejoindre, écouter et habiter son âme.


La vie n’est qu’une chance, mais c’est la seule, l’homme la saisit ou ne la saisit pas. Cette chance, c’est celle de devenir libre de choisir le chemin de sa vie et de créer sa propre réalité. Un voyage magique au cours duquel toutes les dépendances du monde ordinaire deviendront peu à peu des opportunités de créativité et de joie, en particulier celle de rencontrer ce que tous les êtres humains espèrent toute leur vie : l’Amour. C’est dans son âme que l’homme va se retrouver lui-même et se reconnaître comme être magique. Il y découvrira une sorte d’amour qu’il n’avait pas vraiment imaginé jusque là : la nécessité de s’aimer d’abord lui-même pour pouvoir aimer vraiment les autres. Un proverbe chamanique dit d’ailleurs, en réponse au problème de l’égo comme obstacle à l’amour :


« Retrouver son âme est le seul chemin vers soi qui mène à l’amour des autres. ».Si le sens de cette phrase n’est pas immédiat pour vous, rappelez-vous simplement que dans le son du mot « amour », il y a le mot « âme ».


PAUL DEGRYSE