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Quand vous entrez dans une zone sombre de votre vie

pourquoi ne pas garder l'insouciance d'enfants joueurs

qui trouvent naturel de passer du jour à l'obscurité

acceptant ainsi la dualité du monde ?

car ainsi, sans nul doute et sans même s'en soucier

la lumière bientôt reviendra ....



7 Mai 2017

REALISME SPIRITUEL - La non-séparativité créative, le secret de la conscience selon les chamanes

publié par le 7 Mai 2017 à 18H05- vu 799 fois - Print


La nécessité de se connaître pour  vivre pleinement sa vie

 

Pour mieux vivre notre existence, pour pouvoir éliminer les obstacles qui s'opposent à cette aspiration, il semble logique de commencer par se connaître soi-même !

Ce n'est hélas pas évident pour tout le monde. Mais la connaissance de soi est certainement le fondement indispensable d'une existence réussie et si tellement peu de gens ont compris ce principe et le mettent en pratique sérieusement c'est,  disons-le d'entrée, parce que toute démarche  dans ce  sens  entraîne des remises en question de  croyances  sur soi   ou de fonctionnements psycho-émotionnels  bien ancrés dans les routines  auxquelles  chacun est   attaché, consciemment ou non.

S'attaquer à nos innombrables routines, en particulier mentales et émotionnelles,  c'est toujours s'attaquer à l'ego, et il est connu qu'ego et connaissance de soi ne font pas bon ménage bien qu'ils entretiennent une relation très intime.

L'ego, rappelons-le, est précisément l'image de soi que l'on cherche à se donner à soi-même et à donner  aux autres et dont  nous défendons   l'intégrité bec et ongles.

Cette attitude peut s'exprimer autant par  une affirmation de soi excessive que par une recherche de considération ou d'apitoiement, alors que la connaissance de soi procède d'une démarche dynamique  qui,  logiquement,  tend à se débarrasser de ces manifestations narcissiques qui nous empêchent de trouver l'équilibre intérieur  juste qui fait les gens sereins et durablement heureux.

« Qui suis-je ? Que suis-je ? Quel est le sens de ma vie ?  Comment vivre dans cet univers ambigu ? D'où vient-il ? Comment harmoniser mes relations  avec le monde extérieur ? Comment trouver le comportement juste pour m'affirmer dans mes besoins et simultanément  dans un respect des autres  par lequel ils s'ouvriront mieux à moi ? Que dois-je changer en moi pour recevoir les bonnes réponses à ces questions ? »

Voilà  à quoi pourrait  ressembler l'ensemble ds questions essentielles qu'une personne normale désirant mieux se connaître pour être plus heureuse   serait amenée  à se poser ..

La conception que les chamanes-enseignants se font  du fonctionnement de la conscience  est indubitablement  la source la plus ancienne de connaissance de soi  de toute l'histoire de l'humanité. Leurs prouesses psycho-énergétiques, leur sérénité remarquable  et souvent leur longévité exceptionnelle prouvent amplement qu'ils possèdent une connaissance  très approfondie du fonctionnement psychologique et énergétique  de l'homme.

Cette connaissance est restée secrète depuis des millénaires et les chamanes ne la transmettaient que par voie orale  à leur successeur  jusqu'à ce que dans les années 1960 à 1985, elle fut mise par écrit par le disciple  argentin   d'un chamane mexicain   lequel,  prévoyant la  crise spirituelle planétaire prochaine   du genre humain,  voulut lui préparer  une porte de secours en  lui livrant, à travers cette œuvre codée, le moyen de renaître de ses cendres (comme  la figure mythologique du dieu Quetzalcoatl qui  est l' équivalent toltèque et maya du Phénix dont se prévalait cet indien yaqui.)

En se livrant à de multiples et audacieuses  expériences de conscience pendant des milliers d'années, les chamanes de la terre entière ont découvert le véritable fonctionnement de celle-ci et ce qu'il y a d'exceptionnel c'est que la simple  compréhension de ce fonctionnement ouvre des portes à une liberté de transformation, d'évolution et de maîtrise  de soi   à laquelle aucune philosophie, aucune psychologie ni technique de développement personnel moderne ne  peut nous faire accéder.

 

Les trois systèmes d'information de la conscience et le rapport sujet/objet

 

 Avant d'en développer le fonctionnement détaillé, commençons par  résumer en quelques mots   cette étonnante découverte.

La conscience de chaque être vivant ne fonctionne pas comme un témoin extérieur et objectif du monde quotidien  qui l'environne. Elle est la créatrice, le plus souvent totalement inconsciente,  de ce monde. Seuls les chamanes ou  personnes possédant   spontanément  des capacités chamaniques, sont conscients de ce phénomène.

Peut-être le lecteur pensera-t-il qu'il s'agit là d'une déclaration néo-spiritualiste poétique qu'il faut prendre au 3ème degré mais il n'en est rien.

 Bien  que ce serait faire preuve d'un scepticisme rationaliste normal pour notre époque de voir les choses ainsi,  il est vivement conseillé de s'en débarrasser  si l'on veut comprendre  le chamanisme !

Mais le chamanisme a aussi des fondements  que je ne qualifierai pas de « rationalistes »  mais  de  logiques. Ce ne sont pas des dogmes improuvés mais le résultat d'expériences   que chacun peut  vivre pourvu qu'il s'en donne la peine.

Nous allons entrer maintenant dans le détail de ce fonctionnement  de la conscience  et pour cela, commencer par quelques  fondements psychologiques simples en donnant la définition de chaque mot important afin de rester limpide jusqu'au bout.

Cela concerne notre relation au monde quotidien qui nous environne, ce qui est toujours autour de nous, l'environnement dans lequel nous vivons, bougeons, agissons.

Nous nous sentons vivre et savons avec certitude que nous existons parce que nous avons une conscience . Nous situons celle-ci à l'intérieur de nous, de notre corps et  en particulier dans notre cerveau, c'est du moins  ce que  la science officielle  nous dit !

Mais ce qui compte ici c'est la sensation d'intériorité de cette conscience par rapport à la sensation  d'extériorité  évidente  du  monde environnant.

En tant qu'observateur permanent de ce monde environnant  nous dirons que nous sommes le sujet et que ce monde  extérieur est l'objet, sous-entendu l'objet de notre observation, de nos perceptions.  Le sujet,  c'est chacun de nous qui se perçoit lui-même et l'objet c'est tout ce qui, à l'extérieur de nous, est observable et avec lequel nous entrons en communication de diverses façons, par nos cinq sens d'abord, par la parole  et par les actes que nous appliquons à ce monde extérieur  ensuite.

 

Ce couple sujet/objet   est indissociable car  il y a toujours quelque chose à l'extérieur de la conscience  dont elle peut témoigner. Ne serait-ce que de  son propre corps comme objet  que chacun peut observer avec ses sens et aussi du dedans par le sens proprioceptif.

A priori, dans le cadre de la vie quotidienne , quel rôle joue la conscience ? 

Elle sert à identifier le monde extérieur pour assurer la survie du sujet. Pour cela elle possède trois fonctions :

-d'abord, son système sensoriel : vue, ouïe, odorat, toucher, et goût et un sixième sens, celui de la sensation interne de son corps  qui   assure  son équilibre sur la surface de la terre et  la justesse de ses déplacements  et actes physiques. Ce sens,  déjà évoqué ci-dessus, étant  la proprioceptivité.

 

- ensuite un système affectif-émotionnel dont le rôle est  de ressentir sentiments et émotions qui eux-mêmes  serviront de bases à des valeurs et  jugements qui guideront les actes du sujet  à partir de systèmes binaires : bien/mal, bon/mauvais, dangereux/inoffensif  vrai/faux, agréable/désagréable, juste/injuste , beau/laid , moral/immoral , attractif/répulsif, etc..., valeurs qui à leur tour  nourriront peu à peu ses croyances qui elles-mêmes orienteront  toute sa vie.

 

-Enfin un système mental ( ou intellectuel) destiné à penser c'est-à-dire à décrire verbalement le monde, à  raisonner,  à réfléchir,  à  juger, à comparer et enfin à décider.

Chez l'être humain ce système mental est abondamment occupé par le dialogue intérieur c'est-à-dire les pensées exprimées intérieurement  sous une   forme verbale.

Il existe aussi une fonction qui est au-dessus de  ces trois fonctions et les concerne toutes les trois : c'est la mémoire qui a trois aspects : enregistrer les nouvelles informations, les conserver, et  les utiliser, une fois rangées en tant que souvenirs et expériences passées, et comme étalon d'identification  de tous nos vécus ultérieurs.

 Nous en parlerons plus loin car sa fonction  dépasse largement le cadre purement mental des êtres  vivants puisqu'elle est la gardienne  et la conservatrice des  informations  et énergies  qui constituent l'organisation de toutes les choses et phénomènes qui se créent  dans  tout l'univers.

Une fois posés ces éléments de base du fonctionnement de la conscience, c'est maintenant que nous allons aborder les découvertes proprement dites des chamanes sur la conscience et nous éloigner très sensiblement   des conceptions académiques  de la psychologie moderne sur ce thème.

 

La création inconsciente de l'univers extérieur soi-disant objectif

 

Posons-nous maintenant une question : dans des conditions  optimales de perception et  d'identification  à travers les trois systèmes que nous venons d'énumérer,  l'être humain appréhende-t-il la réalité totale et intrinsèque des multiples objets, phénomènes et  situations qui se présentent à lui et constituent  le décor changeant  de son environnement quotidien ?

Non, répondent les chamanes ! Loin de là !......   Pourquoi ?

Parce que  les trois opérations que nous venons de décrire plus haut sont en réalité des filtrages qu'il opère sur ce décor.

Filtrer veut dire que l'on sélectionne un certain nombre de choses ou, dans notre cas, d'informations,  tout en n'en laissant pas passer d'autres comme à travers un tamis ou un filtre.

Imaginons, comme comparaison, l'exemple d'un tamis qui est réglé pour laisser passer des graviers   de taille  égale ou inférieure à 5 mm en  retenant dans le tamis tous les cailloux supérieurs à cette taille qui,  ainsi, ne sont pas sélectionnés.

Chaque conscience, selon l'espèce vivante à laquelle appartient l'individu, selon sa personnalité et ses goûts mais aussi selon son genre, sa  culture, sa civilisation, son époque,  opère, tout comme dans l'exemple du tamis  décrit ci-dessus, une sélection  sur les informations qu'il reçoit en permanence du monde environnant.

Ce qui veut dire que face  au même objet, à la même situation, au même décor, un homme, un chat, un lézard et une chauve-souris  ou une abeille   ne voient pas la même chose.L'être humain perçoit un monde-humain, un lézard perçoit un monde-lézard, une chauve-souris perçoit un monde chauve-souris, etc....

 Pourtant, diraient les partisans inconditionnels de l'objectivisme scientifique, face à un même objet, une  même réalité extérieure,  ces cinq êtres vivants  devraient percevoir la même chose ! Eh bien non ! Il n'en est pas ainsi !

Sur le plan seulement sensoriel, on sait  par exemple que les chauves-souris perçoivent les infra-rouges  et que nous les humains ne les percevons pas,  les chiens perçoivent les ultra-sons et nous les humains ne les percevons pas, les humains perçoivent des fréquences que ne perçoivent pas certains animaux,etc... et nous pourrions donner ainsi de multiples exemples de filtrages, dans les deux sens.

Mais  si la différence de filtrage entre le genre humain et le monde animal  pourrait ne pas étonner le lecteur, en revanche, la différence de filtrages entre les êtres humains est déjà plus étonnante.

N'oublions pas que le filtrage est triple, il est sensoriel, affectif-émotionnel et mental. Ce qui veut dire que toute situation, tout phénomène est,  dans l'esprit  de  chaque témoin, le résultat de trois filtrages simultanés et instantanés dont d'ailleurs il n'a, dans la majorité

des cas, aucune conscience : il croit en toute bonne foi avoir perçu la réalité de la chose telle qu'elle est, là, devant lui, de façon objective. Cette croyance ne correspond  pas à la réalité.

Le filtrage émotionnel-affectif consiste à attribuer à une même situation une valeur variable  selon les individus d'une même espèce et, a fortiori, selon les  individus d' espèces différentes. Ce qui  va affecter profondément la perception globale  que chacun en a 

 

Enfin le filtrage mental, particulièrement important chez l'être humain vu l'intensité et la richesse  de son activité  intellectuelle, affecte à la même situation des raisonnements  et des descriptions   langagières qui varient selon chaque individu ce qui entraîne  pour chacun  une expérience différente.   

Mais le mystère  de la connaissance   comme processus d'interprétation créative ne s'arrête pas là !

Connaître c'est identifier. Comment identifions-nous un objet, une personne, un phénomène ?   Par identité  à un modèle que nous avons dans notre mémoire !

Dans le mot « identifier » il y a le mot « identique ».

Pour l'être humain, connaître ( ou identifier)  c'est en réalité « reconnaître » et cela  passe par les mémoires qui constituent les trois filtres vus précédemment !.

La conscience confronte instantanément  la chose  qui se présente à nous ( objet, personne, situation ou phénomène)  avec des éléments similaires à cette  chose  déjà présents dans notre mémoire, donc déjà vécus au préalable et mémorisés,  ce qui nous permet  de l'identifier .

Sans  ce référent  intérieur stocké dans la mémoire comment pourrions-nous  en effet  identifier quoique ce soit ?

 L'opération est tellement  immédiate que nous ne nous rendons pas compte de ce rôle permanent de la mémoire dans notre vie quotidienne .

Nous allons voir maintenant quelques phénomènes insolites démontrant le rôle immense que joue la mémoire dans notre quotidien  et qui vont nous mener au véritable mystère de la conscience : la  non-séparativité créative.

-La mémoire, comme outil  d'identification   du monde extérieur est tellement puissante que si un événement vécu n'a pas  d'équivalent  dans ses référents  elle peut  lui  substituer quelque chose de familier constituant donc à cet instant une pure illusion  comme si le sujet refusait  de percevoir une chose inconnue ( fonctionnement  utilisé couramment en hypnose). 

-Par concentration d'attention grâce à un filtrage pré-déterminé, elle peut faire disparaître  un élément pourtant évident  pour les mêmes raisons  (  l'expérience du gros nounours qui traverse le terrain de basket  ou les caravelles  des conquistadors que ne voyaient pas dans la baie de Veracruz les indiens qui n'avaient rien  de semblable  dans leur mémoire !etc...).

En résumé, comme le reconnaît la physiologie  contemporaine, la perception que nous avons du monde extérieur est entièrement fabriquée dans notre cerveau  et chaque individu et chaque espèce ayant ses propres filtres  elle varie pour chacun d'eux  bien que l'objet « extérieur » soit « objectivement » le même  pour tous.

Le monde soi-disant extérieur  est  en réalité  irrévocablement à l'intérieur  de chacun de nous parce que nous n'avons pas d'autre accès à ce qui est «à l'extérieur »qu'à travers les trois filtres intérieurs qui en fabriquent la représentation, ce qui fait que nous prenons pour une réalité extérieure à nous sa  représentation par nos sens, par  notre système  de classement émotionnel et affectif et par notre description mentale.

Qui peut encore, au nom de la science, parler d'objectivité sans se couvrir de ridicule ? 

 

La non-séparativité créative  de la conscience

 

Suivons maintenant le parcours de l'information à travers les trois filtrages dans la conscience d'un sujet.

Nous avons vu que la conscience des êtres vivants et de l'homme en particulier a pour rôle de lui permettre d'agir avec justesse sur son environnement afin d'y survivre au mieux.

Les trois filtrages opérés, le sujet, ayant identifié la situation, va agir sur elle  et il en attendra  des résultats conformes à son besoin de survie.

 L'identification instantanée par la mémoire de tous  les événements que nous vivons   est en effet  automatiquement reliée au besoin fondamental d'être efficace pour survivre parce que, depuis la nuit des temps,  tout être vivant possède en lui  la peur instinctive de l'inconnu,  il  s'agit là de la plus ancienne mémoire de l'univers, produit de la loi suprême de la prédation !

 et c'est ce processus  de sélection de l'information par une mémoire qui garantit ainsi  le maintien sécuritaire dans un monde connu  de l'individu qui va créer un renforcement circulaire des filtrages  qui  constituent la personnalité  du sujet.C'est ainsi que la mémoire dirige notre existence par la force d'attraction énorme qu'elle exerce sur notre rapport au monde qui nous entoure.

Comme le lecteur pourra l'observer dans deux de mes livres ( « Chamane, le chemin des immortels «  et « le chamanisme toltèque et le pouvoir de l'âme ») ce fonctionnement, que les chamanes appellent à juste titre «  anneau de pouvoir » a bien  une forme circulaire  et il nous enferme dans un processus  de comportements répétitifs gouverné par la force de permanence, nom que les chamanes du Mexique donnent à la mémoire.

 Dans tout l'univers et à toutes les échelles de son contenu, le rôle de la mémoire est donc de conserver ce qui existe déjà  comme chose  organisée,  de l'atome d'hydrogène aux plus immenses galaxies en passant par les êtres sophistiqués que nous sommes sur la terre.

Sur le plan affectif-émotionnel, il ne faut donc pas s'étonner de l'attachement puissant que produit cette force mémorielle sur   l'être humain.

Heureusement une autre force,  complémentaire et antagoniste de la mémoire,  la force de changement, permet à l'univers de créer de nouvelles choses  et à tous les  êtres inertes ou  vivants d'évoluer, en s'arrachant à la force  programmante de la mémoire.

 Les échecs, les souffrances, les maladies considérées comme des messages invitant au changement émotionnel et  comportemental, la curiosité comme désir délibéré d'apprendre, d'aller vers l'inconnu pour évoluer, sont les médias qu'emploie la force de changement  que  les chamanes appellent «  la force de créativité existentielle »  quand ils l'appliquent à l'existence humaine.

Simultanément, les deux forces s'appliquent à tout ce qui existe, l'une pour le  faire durer, l'autre pour  le faire changer.

.Mais le plus étonnant dans l'anneau de pouvoir c'est ce qu'il nous révèle sur le rapport  qui  existe entre la conscience de chaque être vivant et le monde extérieur,  soit entre le sujet et l'objet.

En réalité, ce que nous considérons en toute bonne foi être la réalité  intrinsèque et objective  d'un  parterre de fleurs  que nous contemplons tranquillement un beau matin d'été n'est, comme nous l'avons vu plus haut, que la création intérieure et entièrement subjective qu'en fabrique notre conscience à travers ses filtres,eux-mêmes  activés par la mémoire.

Arrivé à ce point de l'explication du fonctionnement de la conscience vue par les chamanes, on pourrait se demander, vu le côté conservateur et  immobilisateur  de l'anneau de pouvoir,  pourquoi ceux-ci lui donnent ce nom en apparence flatteur !

La raison est simple : l'univers est le résultat d'un équilibre fragile et toujours remis en question   entre la force de permanence et la force de changement. Les êtres cherchent à durer mais simultanément ils  ont besoin de changer et d'évoluer , la force de changement est aussi puissante que la force de permanence et tout aussi nécessaire et irrévocable qu'elle  bien que, en ce qui concerne notre existence quotidienne,  ce soit la force de permanence qui, par l'attachement qu'elle suscite dans notre conscience,  empêche l'homme   qui en aurait besoin, de changer  ses filtres !

 

Concernant la subjectivité du rapport  cognitif entre la conscience et le monde extérieur, l'anneau de pouvoir se révèle comme un pouvoir et pas  des moindres : chaque être vivant créé en permanence son monde  et s'il devient conscient de son fonctionnement, il peut le créer délibérément.

 faites l 'expérience de vous poser tranquillement devant un paysage ou une maison ou n'importe quel objet  et de le contempler attentivement en repensant à vos trois types de filtrages et réalisez que  ce que vous voyez devant vous se trouve en réalité dans votre tête !  Changez un filtre, la beauté ou la laideur par exemple, et vous créez une autre réalité !

 Finalement on peut se demander  :   le monde dit « extérieur » existe-t-il ?  Une question pas du tout   loufoque quand on a compris l'anneau de pouvoir ! Ou encore,  le monde extérieur ne fait-il qu'un avec la conscience de chaque témoin du monde ?

La position des chamanes sur ce sujet est la suivante :La conscience et l'univers extérieur existent dans un état de non-séparativité dont la conscience est l'organe créateur, inconscient tant que le sujet ne sait pas comment il fonctionne   et délibéré et conscient dès qu'il le comprend !

Ainsi peut-on dire que chaque être humain, de votre boulanger à votre petit-fils,  en passant par tous les hommes  de la planète, construit un monde unique tout en croyant vivre le même monde que les autres, une autre illusion qui vient du fait que nous confondons la description langagière donc consensuelle du monde avec la réalité  physique, individuelle et intérieure que nous en vivons.

Le daltonien  ayant  appris par sa mère quand il était petit,  que cette rose est rouge, il vous dira sincèrement  qu'elle  est rouge  ( la description langagière) alors que dans sa tête il la voit marron-vert ( sa réalité intérieure  de la rose).  Et vous, vous en conclurez que vous vivez le même monde que lui !

Personne ne pourra jamais prouver que le monde existe  en dehors de la conscience que nous en avons !

C'est pourquoi la fameuse objectivité qui est l'un des fondements  essentiels de  la science matérialiste et rationaliste  est une escroquerie  ontologique !

D'ailleurs, l'un des plus célèbres mathématiciens de notre époque moderne, Lord Eddington, a dit un jour : « il se pourrait que l'univers ne soit que mental.. »  n'y a -t-il pas plus claire remise en cause du dogme scientifique  de la fameuse objectivité  du monde matériel !

Seule l'expérience de la  conscience élargie que pratiquent les chamanes permet de s'affranchir de l'anneau de pouvoir  pour en construire un autre, le troisième anneau de pouvoir fondé sur la perception directe de l'énergie mais les chamanes authentiques nous précisent bien que c'est une expérience de conscience,  entendant par là que même eux  n'ont pas tranché sur la question de savoir si, en dehors des consciences,  il existe quelque chose !

Néammoins la physique quantique  a  puissamment apporté de l'eau au moulin du principe de non-séparativité créative du chamanisme  avec  le principe  d'indétermination d'Heisenberg, qui démontre que le simple fait  d'observer une particule  sans la moindre intervention physique  influence   sa rotation dans un sens ou dans l'autre ( probablement selon le filtre intentionnel que l'observateur a dans sa tête ).

Ainsi la conscience de l'homme n'est pas  ce simple produit de l'évolution de la matière organique   à partir d'une amibe   jusqu'à cet être  un peu plus sophistiqué qu'on appelle un homme  et que les scientifiques matérialistes  considèrent comme un ensemble de flux de  bio-électricité et de  réactions chimiques,  qui se réduirait,  selon  eux, à enregistrer le spectacle  quotidien du monde comme le fait une vulgaire caméra, connectée à un  ensemble  de comportements   programmés par sa culture.  Mais, bien loin de cette vision réductrice, elle se révèle au moins  comme une source co-créative  du monde  manifesté puisque l'existence  du monde extérieur  est uniquement expérimentable comme un phénomène de conscience.

 L'extériorité apparente du monde n'est  pas plus une preuve  de son existence objective   que  l'extériorité apparente   d'un western  projeté sur un  écran  n'est une preuve  de la réalité objective  et charnelle   de l'histoire qu'il  déroule.

Le scientifique matérialiste  qui croit accéder à une réalité objective  du monde  parce qu'il passe par des appareils sophistiqués et des formules mathématiques  est tout autant dans l'illusion   car  ses formules  en question sont ses représentations abstraites  et mentales  du monde physique et ses appareils sont déjà orientés  dans le sens de ce qu'il veut prouver, les deux moyens utilisés procédant  de la même subjectivité !

Il y a une  raison idéologique à cela :

La science, dès ses débuts, a été  profondément  imprégnée d'universalisme, derrière lequel se profile l'idéal d'une vérité unique pour tous les hommes.  Et c'est cet idéal, devenu dogme, qui a engendré la supposée objectivité  de la réalité extérieure  du monde ainsi décrite comme la même pour chaque observateur, une monumentale supercherie d'inspiration religieuse et  oecuméniste transplantée dans le domaine scientifique !  

Il faut croire que les hommes n'ont encore rien trouvé pour harmoniser  les relations entre eux  que de vouloir à tout prix   effacer  leur merveilleuse diversité pour se transformer en  troupeau de  huit milliards de clones dont l'harmonie serait fondée sur l'illusion d'objectivité.

C'est pour cela,  parce qu'elle a cette dimension idéologique  que la science matérialiste     montre une grande intolérance à toute conception  auto-créative du monde par la conscience   et    même de la haine  vis-à-vis du concept de l'âme, entité individuelle magique    qui est, selon de nombreuses spiritualités de la terre, la source immortelle et individualisée de la création du monde  manifesté dans la matière.

Conclusion

Les capacités thérapeutiques et les prouesses psycho-énergétiques  des chamanes reposent entièrement sur  leur découverte de la non-séparativité créative   et de la relation antagoniste/complémentaire du couple « force de permanence/force de créativité existentielle ».

A partir de cette découverte ils ont mis au point  tout un éventail  d'exercices pour libérer la conscience  du pouvoir  excessif de la mémoire et faciliter le changement de filtres  par la pratique de la conscience élargie.

Ayant validé  le fait que le rapport au monde est   un rapport à lui-même, le chamane sait que  changer le monde c'est avant tout se  changer lui-même.

Tout travail sur soi devrait donc commencer par l'apprentissage de l'anneau de pouvoir, car  il  démystifie  le  culte  quasi religieux de la science   dont le pseudo-objectivisme   nous a caché, comme toutes les religions d'ailleurs, le pouvoir  créatif de notre  conscience.

En ces temps troublés par  la confrontation de l'obscurantisme religieux et d'un matérialisme déchaîné et aveuglément délétère, le chamanisme se présente comme un retour aux sources de la  spiritualité qui pourrait permettre de concilier notre besoin d'exploration des pouvoirs de la conscience  dont nous venons de découvrir le rôle essentiel dans la réalité du monde  avec une science   qui se donnerait comme premier dogme le respect de la vie et l'ouverture  aux mystères de l'esprit.  

 Le travail sur soi  dans un cadre chamanique dépasse  largement le seul objectif de bien-être individuel, il s'inscrit dans la perspective d'une  évolution du genre humain vers un cinquième règne qui,  après le règne minéral, le règne végétal, le règne animal et le règne humain, ferait franchir à  celui-ci  le pas d' un  cinquième règne, notre prochaine aventure au-delà des limites spatiales du système solaire.

 

 

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