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Vous trouverez dans cette rubrique, une diversité d'articles sur les apports du chamanisme au plan personnel et collectif.

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Claude Paul DEGRYSE




14 Nov 2013

Chamanisme, nature et humanisme

publié par le 14 Novembre 2013 à 23H11- vu 1463 fois - Print




Toute notre existence ainsi que notre bonheur tant sur le plan individuel que dans le cadre social où nous essayons de jouer un rôle utile en harmonie avec nos valeurs personnelles, sont essentiellement conditionnés par une chose : la nature de nos désirs, de nos motivations, de nos croyances et de nos modèles de raisonnement.
 
 

C’est une chose que nous avons tendance à oublier dans notre société moderne où l’on préfère croire que cela dépend de nos diplômes, de notre statut professionnel et de l’argent que nous sommes capables de gagner. Les leviers véritables du bonheur des individus sont soigneusement mis de coté par l’éducation officielle précisément parce que l’on ne veut surtout pas qu’ils soient des individus (songeons à la racine du mot « individu » : indivisé, uni, un, c’est à dire fort). Si l’union fait la force, c’est d’abord et surtout en nous-mêmes que ce proverbe trouve sa vérité. Ainsi le système nous pousse à occulter l’essentiel de l’homme, un outil éducatif capital pour notre jeunesse en terme de connaissance de soi, la privant ainsi du seul moyen d’autogestion de son destin. On peut donc à juste titre se demander si chaque individu est libre de trouver le bonheur et cet équilibre qui lui permettraient d’être disponible socialement pour agir en faveur d’une société plus saine, plus respectueuse de la vie, plus consciente du sens à donner à son existence. Si tel était le cas, si cette liberté existait, l’harmonie et le bon sens seraient un peu plus évidents sur la terre, sans prétendre à la perfection qui n’aurait d’ailleurs aucun sens car il n’y aurait plus rien à faire !

Si cette liberté existait, l’homme ne serait pas en train de s’autodétruire en saccageant celle qui lui a donné la vie, à lui et à toutes les espèces vivantes, végétales et animales qui font de cette planète la perle du système solaire.

De quoi l’homme est-il donc prisonnier au juste, pour agir aussi aveuglément ?

De lui-même ! Il est seulement prisonnier de lui-même, de ses propres croyances. Ni la société, ni le destin, ni ses voisins ne sont responsables de cette orientation fanatiquement techno-économiste qui nous pousse à scier la branche sur laquelle nous sommes assis et à faire de la terre un caillou stérile d’où toute vie pourrait bien avoir disparu d’ici une centaine d’année ou deux, voire moins.
Pourtant l’homme, en tant qu’individu (et cette précision est essentielle) possède potentiellement une force intérieure et une clairvoyance dont le développement dans les décennies à venir pourraient changer radicalement le cours des choses : pour que ce changement ait lieu dans le sens de la vie, il faudrait quatre conditions :
  1. La foi dans la vie, croire que c’est possible.
  2. Penser par lui-même en distinguant la pensée individuelle de la pensée collective.
  3. Connaître l’entrée d’un chemin où il pourrait travailler sur lui-même (la tâche la plus sacrée qu’un    homme puisse faire selon toutes les voies spirituelles authentiques).
  4. Oser faire au moins quelques pas dans ce chemin.
Si ces quatre conditions étaient réunies à un moment donné pour chacun d’entre nous, alors tous les espoirs seraient permis.

Ces premiers pas dans un chemin d’autogestion de soi étant faits, rarissimes sont en effet les êtres humains qui ne sont pas saisis par l’évidence : il existe, hors de tout mysticisme et de toute utopie, un « chemin qui a du cœur » et cette voie apporte joie, harmonie et force, ce qui n’exclut pas les tensions et les combats parce que la première loi de l’univers est la loi de la dualité dynamique qu’un des plus grands philosophes de l’antiquité grecque, Héraclite d’Ephèse, avait déjà clairement énoncé et qui est aussi celle qu’affirme le chamanisme : « Toute réalité, tout objet, tout phénomène est le fruit d’une contradiction entre deux choses opposées. »

Si c’est en nous-mêmes que se trouvent les fondements de notre bonheur, il ne peut s’agir que de la nature de nos désirs, motivations et valeurs ainsi que de celle de nos modèles de raisonnements dont la combinaison constitue la personnalité de chacun.

A la différence de la philosophie officielle des sociétés modernes, le chamanisme ne considère pas la personnalité comme un élément inamovible de la personne humaine mais tout au contraire comme le creuset providentiel d’une recherche de liberté par auto-transformation progressive.
Nous avons à naître deux fois disent les chamanes, une première foi de nos parents, une seconde foi de nous-mêmes et seule cette seconde naissance fait de nous des êtres réellement responsables, seule cette naissance là nous fait accéder au statut d’homme. Ce travail chamanique met l’homme sur le chemin de l’homme. Responsables de ce que nous sommes, nous devenons libres de ce que nous faisons.

Le chamanisme est aussi fondé sur le principe hylozoïste qui dit que du règne minéral au règne animal, la conscience est partout présente, sous des formes variables. Cette croyance de la présence de la conscience en tous points de l’univers change profondément notre regard sur la vie et la nature, bien entendu. C’est peut-être dans ce principe que se trouvent les bases d’un véritable esprit démocratique qui viendrait du cœur de chacun et non de l’imposition extérieure par la loi.

La nature est sacrée pour les chamanes et ce n’est pas qu’un mot. Pour eux l’esprit suprême n’est pas là bas quelque part, en haut dans le ciel, il est partout, au cœur du cœur, au centre de toutes choses, il est le niveau de conscience intérieure qui pousse chaque entité de chaque règne à être organisée comme elle l’est, à se transformer comme elle se transforme, il est la poussée vitale qu’en nous-mêmes, humains, nous appelons la force de vie.

Le chamanisme se présente ainsi comme la force spirituelle qui manque à l’écologie matérialiste dont les motivations bien que louables ne s’expriment qu’en termes de raison et de science, et non en termes d’amour et d’énergie, ce qui explique sa difficulté à convaincre les masses déjà emprisonnées dans la croyance consumériste du bonheur.

« Pour changer le monde – dit encore le chamanisme – change-toi toi-même » exprimant ainsi l’immense force de l’exemplarisme.

Changeons nos croyances, changeons nos modèles de raisonnement. Par un individualisme de bon aloi, travaillons sur nous-mêmes, nous n’en serons que plus efficaces pour réinvestir ainsi l’énergie libérée au niveau collectif. Retrouvons l’autogestion de notre cœur en prenant nos distances avec la pensée collective et ses origines, le soi disant rationalisme cartésien, car il ne faut pas oublier que les fondements de notre philosophie officielle actuelle sont étroitement liés à la pensée de Descartes.

Ce dernier proposait, je le cite textuellement, « de se rendre maître et possesseur de la nature » (qu’il qualifiait aussi « d’hostile à l’homme »)… par les connaissances que l’étude plus poussée de la physique apporterait à l’homme.

On a vu hélas ce que cette utopie dangereuse et cette pensée déshumanisée a donné !
Plus loin (discours de la méthode) il compare tout simplement les animaux à de pures mécaniques qui n’ont « point du tout de raison » (entendez par-là : point du tout d’intelligence, voire de conscience !), faisant preuve par-là, d’un anthropocentrisme naïf, d’un manque étonnant d’imagination et d’une subjectivité plutôt primitive.

Si le chamanisme a resurgi du passé le plus lointain de l’humanité, grâce, notamment à l’œuvre de Carlos Castanada, c’est parce que c’est exactement le message dont nous avons un urgent besoin pour sortir de l’utopie scientiste et économiste, et ce n’est pas par hasard si le chamanisme a été souvent qualifié de « Réalisme spirituel », notamment par Mircea Eliade qui en fut un grand connaisseur, du moins sur le plan ethnologique.

Nature et spiritualité, c’est la passerelle sur laquelle nous devons progresser pour retrouver notre voie humaniste.
 
Claude Paul DEGRYSE




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