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Vous trouverez dans cette rubrique, une diversité d'articles sur les apports du chamanisme au plan personnel et collectif.

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Claude Paul DEGRYSE




14 Nov 2013

UNE APPROCHE NOUVELLE DU PROGRES POUR SURVIVRE SUR LA TERRE

publié par le 14 Novembre 2013 à 22H11- vu 328 fois - Print




A travers la prise de conscience planétaire de la menace qui pèse sur l’environnement et la vie sur terre, c’est en fait tout le thème du progrès qui est remis en question.

Si quelques centaines de grands décideurs économiques, politiques et industriels imposent au reste de l’humanité un mode de vie où empoisonnement climatique, robotisation et misère s’associent pour faire de la terre un enfer c’est parce que ces mêmes masses sont prisonnières de quelques croyances et mythes qui constituent le fondement de leur conscience. Le progrès est l’un de ces mythes.

Ainsi sommes-nous en réalité beaucoup plus victimes de notre propre conscience que de ces grands prédateurs. Notre incapacité à penser par nous-mêmes est la première cause de notre situation. C’est donc en nous-mêmes que le combat pour la vie de la terre et pour notre propre bonheur doit commencer. Il se confondra avec un renouveau profond de la civilisation humaine. Rappelons d’abord l’origine de la notion moderne de progrès.

Le plus marquant et illustre précurseur philosophique de la modernité est, bien sûr Descartes. Avec lui, la philosophie devient militante et s’attaque peu à peu à la religiosité en tant qu’attitude cognitive irrationnelle d’origine dogmatique. Cependant Descartes lui-même n’ose pas encore se débarrasser de Dieu et, cherchant un compromis entre religiosité et matérialisme, il avance la farce philosophique d’en « prouver l’existence ». Cette idée lui permet d’éviter un abandon total de repères métaphysiques dont l’absence le laisserait tout seul dans un univers effrayant que la science balbutiante n’a pas encore l’audace de vouloir expliquer à elle toute seule à cette époque.

Prouver l’existence de Dieu ! Touchante naïveté du philosophe, pour ne pas dire touchante sottise ! Mais l’homme des lumières (sic !) persiste et signe. Malgré ses perpétuelles protestation d’humilité, pointe derrière ses raisonnements et son charabia d’un cérébralisme échevelé, une immense suffisance : ce dont on peut prouver l’existence, on peut l’identifier, le ranger dans le connu, voire le mesurer et pourquoi pas le maîtriser ! Plus de mystères, l’homme devient maître de l’univers ! C’est le sens qu’il va donner au progrès.

De tout cela, la dimension affective de la connaissance est exclue et, tout autant, la dimension corporelle car derrière le bourgeois éperdu d’abstraction se cache le puritain fortement imprégné de christianisme pour lequel la chair n’est pas à la hauteur de l’esprit, pas plus bien sûr, que la nature, ce chaos hostile où se réfugient les animaux sauvages tellement inférieurs à l’homme !
« Ils n’ont aucune  raison » dit-il dans le discours de la méthode, signifiant par là : « aucune intelligence ». Plus loin, il décrit ainsi le nouveau rapport qu’il propose avec la nature : « on en peut trouver une pratique (des forces du feu, de l’eau et de l’air) par laquelle nous pourrions nous employer à nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature … ».

Considérant l’énorme et décisive influence qu’à eu Descartes sur l’évolution culturelle et scientifique de la France mais aussi de tous les autres pays occidentaux et finalement du monde entier, il n’est pas du tout exagéré de lui imputer la responsabilité philosophique de la situation critique dans laquelle l’homme, toutes les espèces vivantes animales et la nature dans son ensemble, se trouvent actuellement sur la planète.

Ce que l’univers avait mis des milliards d’années à réaliser, la perle du système solaire, une fraction infime de temps, au regard de cette durée, trois cent années de philosophie matérialiste ont suffi à la mettre dans la situation que nous connaissons.

Au nom de quoi ? Au nom du progrès ! Mais le progrès de quoi ? Et de qui ? Et pour qui ?

A l’origine du progrès, les premières découvertes de l’homme avaient pour objectif évident de faciliter sa survie, de rendre son travail de chasseur ou d’agriculteur moins pénible. La taille des silex, la maîtrise du feu, la roue, l’arc, le tissage, la voile ou le moulin à vent apportaient aux hommes beaucoup de facilités sans pour cela causer le moindre tort à leur environnement. Le progrès était au service de l’homme, sans l’abêtir ni amoindrir sa vitalité ni son autonomie cognitive. Aujourd’hui, dix mille ans après, peut-on encore dire que le progrès est au service de l’homme ? N’est-il pas évident que c’est maintenant le contraire ? Comment avons-nous pu en arriver là sans nous rendre compte de rien ? Pourquoi accepterions-nous cet avilissement de l’être humain, nous qui employons si souvent le mot de « liberté » et faisons si souvent référence à l’humanisme, à la dignité humaine ?
La civilisation, en tant que dynamique socialitaire, regroupant les hommes en collectivités de plus en plus nombreuses s’est peu à peu substituée aux prérogatives et initiatives individuelles. Le système collectif s’est emparé des volontés individuelles pour leurs substituer une volonté collective, il en a fait de même pour l’intelligence. L’individu pense de moins en moins sa vie par lui-même et de plus en plus au travers de la pensée collective. Ce qu’il a gagné en facilités de travail, en confort, en rapidité de déplacement, en multiples gadgets, il l’a perdu en créativité en liberté individuelle et en force vitale. Il se laisse vivre, assister sur presque tous les plans, ses opinions et ses comportements sont formatés, c’est un pré-robot.

Pendant ce temps, la science, enfant du progrès, s’est associée à l’économisme, et toutes les deux sont devenues une religion. Les hommes disent : « on n’arrête pas le progrès » comme les croyants auraient dit voici deux mille ans en baissant la tête : « on ne résiste pas à la puissance divine ! ». Dés que le mot « progrès » est prononcé, on ne raisonne plus, on s’incline devant moloch et on subit la dégradation croissante et généralisée de la qualité de vie comme quelque chose d’inévitable. Les hommes sont devenus les petites mécaniques d’une immense fourmilière grouillante et besogneuse qui justifient en permanence leur « progressiste inertie » par le discours officiel mensonger et suicidaire.

Nous allons tout droit vers la catastrophe planétaire, la terre va devenir de plus en plus invivable, l’assistanat médicaliste est en train de se normaliser : bientôt la santé sera considérée comme anormale voire associale.


Pourquoi devrions-nous accepter cela et le considérer comme inéluctable ? Est-ce là toute l’ambition que nous avons pour nous-mêmes lorsque nous parlons d’humanisme ?

Cependant nous ne devons pas désespérer car la vie procède par alternance d’échecs et de réussites, la dégradation environnementale est le résultat d’un essai infructueux dans un cul de sac évolutif appelé « matérialisme », le progrès matériel fut une application extrêmement réductrice et négative de la dynamique d’évolution perpétuelle et naturelle qui caractérise la vie elle-même dans tout l’univers. Certes, toute forme de vie ne peut pas ne pas évoluer mais le mot progrès n’évoque pas une simple évolution mais une évolution positive et ça n’a pas été le cas, nous nous sommes trompés, nous en avions le droit car nous sommes cette vie qui, partout dans l’univers, essaie, se trompe ou réussit puis essaie à nouveau et ainsi perpétuellement.

Nous sommes en train de prendre conscience que nous n’avons pas maîtrisé cette force de changement que nous avions pourtant baptisé « progrès ». Et bien ne perdons pas de temps ! Acceptons de changer de route pour ne pas nous sacrifier nous-même par manque d’humilité et imaginons une autre voie pour cette dynamique universelle du changement.
C’est une prodigieuse occasion d’opérer la plus grande révolution sociale et culturelle que l’homme est jamais vécu depuis la préhistoire.

Cette révolution doit d’abord être philosophique : il faut d’abord désacraliser certains mots et en particulier le mot « progrès » en réalisant que si progrès matériel il doit y avoir, désormais, il doit être au service de l’homme et non l’inverse. En second lieu, il nous faut envisager un autre type de progrès : le progrès intérieur, le progrès individuel, le progrès de la conscience.
Un progrès intérieur que l’homme s’applique à lui-même, mis en place par chaque individu, introduit dans son quotidien comme un art de vivre, ce qu’on appelle « travail sur soi ».
C’est le plus grand des progrès, il poursuit la sagesse, la sérénité, le bien être, l’équilibre intérieur, la vitalité et l’autonomie sanitaire, il peut donner à la communauté humaine un extraordinaire élan pour une nouvelle civilisation et garantir un progrès matériel et technique contrôlé et respectueux de la vie.

Si l’homme moderne a un besoin irrépressible d’apprendre, de connaître, de ressentir intensément la vie le progrès intérieur, qui permet l’exploration de territoires immenses de la conscience peut combler largement cette soif d’évolution. Le travail sur soi, introduit dans la vie quotidienne, donne à celle-ci une valeur, une intensité et un  plaisir de vivre qu’aucun perfectionnement matérialiste ne pourra jamais apporter à l’homme mais cependant le travail sur soi peut être la voix d’un véritable progrès collectif qui, cette fois, inclura le paramètre d’une véritable liberté.
C’est en retrouvant ce sens oublié du progrès (car il a existé il y a de très nombreux millénaires), cette vocation de chaque conscience à s’éveiller à elle-même, que nous pourrons sauver la planète et l’espèce humaine.

Pour terminer ces quelques lignes, je voudrais citer cette phrase de Don Juan, le maître de Carlos Castaneda : « la plus belle tâche qu’un homme puisse assumer sur la terre, c’est de polir son esprit » et, paraphrasant la maxime de Socrate : « connaîs toi toi-même et tu connaîtras le monde » j’ajouterais : « change toi toi-même et tu changeras le monde ».
 
Claude Paul DEGRYSE




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